“Nous ne sommes pas concernés. Nous sommes trop petits”
J’entends cette phrase presque chaque semaine. Elle est dite calmement, avec la conviction tranquille de celui qui pense être en dehors du radar réglementaire. Pendant des années, cette perception était rationnelle : l’obligation d’audit énergétique visait principalement les grandes entreprises, selon des critères de taille et d’effectifs.
Ce cadre a changé.
Avec l’évolution introduite par la loi DDADUE en 2025, le critère déterminant n’est plus le nombre de salariés mais la consommation énergétique annuelle moyenne. Le seuil fixé à 2,7 GWh par an, calculé sur trois exercices consécutifs, peut désormais concerner des entreprises industrielles de petite taille mais à forte intensité énergétique. Autrement dit : certaines TPE industrielles sont déjà dans le périmètre… sans le savoir.
Ce basculement est loin d’être anecdotique. Il traduit une évolution plus profonde de la logique réglementaire européenne : on ne raisonne plus en fonction de la taille administrative d’une entreprise, mais en fonction de son impact énergétique réel.
Selon les données publiées par le Ministère de la Transition écologique sur la consommation énergétique des secteurs industriels, certaines activités de transformation, de traitement thermique ou de production agroalimentaire présentent des intensités énergétiques élevées, indépendamment de leur taille juridique. Ce sont précisément ces profils qui se retrouvent aujourd’hui exposés au seuil des 2,7 GWh.
Je ne souhaite pas vous présenter ce seuil comme une menace administrative supplémentaire. Je le vois plutôt comme un révélateur. Un révélateur de maturité énergétique. Une entreprise qui ignore sa consommation réelle pilote à l’aveugle. Une entreprise qui la mesure, la comprend et l’optimise transforme une contrainte potentielle en levier de compétitivité.
La question n’est donc plus : “Sommes-nous assez petits pour être tranquilles ?”
La vraie question est : “Sommes-nous certains de ne pas franchir le seuil sans le savoir ?”
C’est ce que nous allons examiner précisément.
1. La fin du critère de taille : ce que change réellement le seuil de 2,7 GWh
Pendant des années, la règle était presque confortable. Si vous n’étiez pas une “grande entreprise” au sens européen, vous échappiez à l’audit énergétique obligatoire. On regardait votre nombre de salariés, votre chiffre d’affaires, votre total de bilan. La logique était administrative. Presque bureaucratique.
Cette époque est révolue.
Avec l’évolution introduite par la loi DDADUE en 2025, le déclencheur n’est plus la taille de votre structure. C’est votre consommation énergétique annuelle moyenne, fixée à 2,7 GWh sur trois ans. Le centre de gravité s’est déplacé. Et beaucoup de dirigeants ne l’ont pas encore intégré.
D’une logique juridique à une logique physique
Ce basculement est profondément révélateur.
On ne demande plus : “Combien êtes-vous ?”
On demande : “Combien consommez-vous ?”
C’est un changement de paradigme. Et il est cohérent avec la trajectoire européenne en matière d’efficacité énergétique. La directive sur l’efficacité énergétique, révisée à plusieurs reprises, pousse les États membres à cibler les acteurs dont l’impact réel est significatif, indépendamment de leur statut juridique.
Concrètement, une TPE industrielle de 40 salariés exploitant des équipements thermiques, des systèmes de séchage ou du froid en continu peut franchir le seuil des 2,7 GWh sans être une “grande entreprise”. À l’inverse, une structure tertiaire de 250 personnes peut rester très largement en dessous.
Le droit ne s’intéresse plus à votre organigramme. Il s’intéresse à vos kilowattheures.
Mais ici, le point est plus précis : le seuil énergétique devient un filtre technique qui redessine le périmètre des obligations.
2,7 GWh : un chiffre abstrait… jusqu’à ce qu’on le traduise
2,7 GWh, cela paraît théorique.
Traduit en unités plus parlantes : 2 700 MWh par an.
Environ 225 MWh par mois.
Dans l’industrie, ce n’est pas marginal. Quelques exemples que je rencontre régulièrement sur le terrain :
Un four électrique fonctionnant en double équipe peut représenter plusieurs centaines de MWh par an à lui seul.
Un parc d’air comprimé mal optimisé peut absorber 10 à 20 % de la consommation totale.
Le froid industriel en fonctionnement 24/7 devient rapidement un poste majeur.
Des systèmes de traitement de surface ou de cuisson industrielle franchissent le seuil plus vite qu’on ne l’imagine.
Le problème, c’est que beaucoup de dirigeants raisonnent en euros. Ils voient une facture. Ils négocient un contrat. Ils surveillent le prix du kWh.
Mais ils ne consolident pas toujours leur consommation totale sur trois exercices, toutes énergies confondues. Gaz, électricité, parfois vapeur ou autres vecteurs. La donnée est éclatée. Fragmentée. Rarement pilotée de manière stratégique.
Et c’est précisément là que le risque apparaît.
Une obligation déjà active, pas une hypothèse théorique
Autre illusion fréquente : croire que “cela viendra plus tard”.
Le seuil de 2,7 GWh est en vigueur. Il ne s’agit pas d’un projet en discussion. Le calcul repose sur la moyenne des trois derniers exercices. Autrement dit, le compteur tourne déjà.
Attendre une notification officielle pour vérifier sa situation revient à adopter une posture passive. Or l’expérience montre que l’approche réglementaire fonctionne rarement sur le mode pédagogique. Elle fonctionne sur le mode déclaratif et contrôlable.
Si vous dépassez le seuil, vous devrez réaliser un audit énergétique conforme au référentiel NF EN 16247. Ce n’est pas une formalité symbolique. C’est une démarche structurée, méthodologiquement encadrée.

Transition écologique : comprendre la réglementation 2022–2026
Consultez notre article pour en avoir un aperçu complet.
2. Comment savoir si votre entreprise dépasse (ou approche) le seuil ?
C’est ici que les choses deviennent intéressantes.
Quand je pose la question suivante à un dirigeant industriel : “Quelle est votre consommation énergétique annuelle moyenne sur les trois derniers exercices ?”
Dans 8 cas sur 10, j’obtiens une réponse approximative. On me parle de facture mensuelle. De renégociation de contrat. De hausse du prix du gaz. Très rarement d’une moyenne consolidée, toutes énergies confondues, sur trois ans.
Or le seuil de 2,7 GWh ne se devine pas. Il se calcule.
La règle des trois ans : une moyenne glissante qui peut surprendre
Le dispositif repose sur un principe simple en apparence : on prend la consommation énergétique annuelle de l’entreprise, on calcule la moyenne sur trois exercices consécutifs, et on compare au seuil de 2,7 GWh.
En pratique, plusieurs subtilités apparaissent :
Il faut agréger l’ensemble des vecteurs énergétiques pertinents : électricité, gaz naturel, éventuellement autres combustibles.
Il faut consolider l’ensemble des sites si l’entité juridique en comporte plusieurs.
Il faut raisonner en énergie finale consommée, pas en euros dépensés.
Une année exceptionnelle – crise, baisse d’activité, arrêt technique – peut donner l’illusion d’un niveau faible. Mais la moyenne sur trois ans lisse ces effets.
Autrement dit, une entreprise peut se croire “sous le radar” parce que l’année N-1 a été calme, alors que la moyenne glissante la place déjà à proximité du seuil.
Les erreurs fréquentes que j’observe sur le terrain
Le diable est dans les détails. Et en matière énergétique, les détails s’additionnent vite.
Voici les erreurs que je rencontre le plus souvent :
Confusion entre kWh, MWh et GWh. Une erreur de conversion suffit à sous-estimer ou surestimer d’un facteur 1 000.
Oubli de certains contrats annexes : atelier secondaire, bâtiment logistique, site loué.
Non-intégration du gaz lorsque l’électricité est déjà perçue comme “le gros poste”.
Absence de consolidation annuelle réelle : on additionne 12 factures, mais on oublie les décalages de période ou les régularisations.
Résultat : une vision fragmentée.
Et une vision fragmentée empêche toute anticipation.
Ce manque de pilotage n’est pas qu’un problème réglementaire. Il devient un problème économique.
Les profils de TPE industrielles les plus exposés
Toutes les TPE industrielles ne sont pas à risque. Mais certaines configurations techniques sont clairement plus exposées au seuil des 2,7 GWh.
Je pense notamment aux activités intégrant des process thermiques continus (cuisson, séchage, traitement thermique), aux ateliers fortement dépendants de l’air comprimé, surtout lorsqu’il fonctionne en permanence, aux industries utilisant du froid industriel en 24/7, ou encore aux unités de production fonctionnant en équipes étendues ou en cycles longs.
Ces entreprises ne sont pas “grandes” au sens administratif. Mais elles sont intensives au sens énergétique.
Ces entreprises ne sont pas “grandes” au sens administratif. Mais elles sont intensives au sens énergétique.
Et c’est précisément cette intensité que le législateur vise désormais.
Le vrai enjeu : passer de l’intuition à la mesure
Beaucoup de dirigeants ont une intuition correcte de leur ordre de grandeur. Peu disposent d’une mesure consolidée et objectivée.
La différence entre les deux est stratégique.
Une intuition ne protège pas en cas de contrôle. Une mesure consolidée permet d’anticiper.
Et au-delà de l’obligation, cette consolidation constitue la base de toute démarche crédible de performance énergétique.
Avant de parler d’investissement, d’aides ou de décarbonation, il faut savoir où l’on se situe.
Le seuil de 2,7 GWh ne punit pas l’ignorance.
Il la révèle.
Et une fois révélée, l’ignorance devient un choix.

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3. Audit énergétique obligatoire vs diagnostic volontaire : deux logiques opposées
C’est ici que je vois le plus grand malentendu.
Beaucoup de dirigeants raisonnent ainsi : “Si nous dépassons le seuil, nous ferons l’audit. Sinon, nous attendrons.”
C’est une approche binaire. Réglementaire. Minimale. Elle ignore un point essentiel : l’audit obligatoire et le diagnostic volontaire ne poursuivent pas la même finalité.
L’audit réglementaire : une logique de conformité
Lorsqu’une entreprise dépasse le seuil de 2,7 GWh, elle entre dans un cadre précis. L’audit énergétique doit être réalisé selon le référentiel NF EN 16247. La démarche est structurée, documentée, formalisée.
L’objectif premier est clair : être conforme.
Cela implique :
Un périmètre défini.
Une méthodologie encadrée.
Un rapport répondant aux exigences réglementaires.
L’exercice est utile. Il apporte une vision globale. Mais dans la majorité des cas, lorsqu’il est réalisé sous contrainte, il est traité comme une obligation administrative supplémentaire.
On cherche à “cocher la case”.
Le problème n’est pas l’outil. Le problème est l’intention.
Quand une démarche est déclenchée par la contrainte, elle vise souvent le minimum acceptable. Pas l’optimisation maximale.
Le diagnostic volontaire : une logique de performance
À l’inverse, un diagnostic volontaire n’a pas pour objectif premier la conformité. Il vise la compétitivité.
La question n’est plus : “Comment éviter une sanction ?”
Mais : “Où sont mes gisements d’économies ?”
La différence est majeure. Un diagnostic orienté performance permet :
D’identifier les actions à coût nul ou faible (réglages, optimisation d’exploitation).
De prioriser les investissements selon leur temps de retour.
De structurer un plan d’action cohérent, adapté à la taille réelle de la TPE.
Il ne s’agit pas d’un rapport de 200 pages qui finit dans un tiroir. Il s’agit d’un outil de pilotage.
Et surtout, un diagnostic anticipé peut mobiliser des dispositifs d’aide à la transition.
Attendre l’obligation, c’est parfois renoncer à certaines marges de manœuvre financières.
La différence de coût réel sur trois ans
Prenons les choses froidement.
Scénario 1 : vous attendez de dépasser le seuil, vous réalisez l’audit sous pression, avec un calendrier contraint, potentiellement dans un contexte où les prestataires sont saturés à l’approche des échéances.
Scénario 2 : vous anticipez. Vous consolidez vos données, vous identifiez des économies rapides, vous engagez des actions à retour court, vous structurez progressivement votre trajectoire énergétique.
Dans le premier cas, vous payez pour être conforme.
Dans le second, vous investissez pour réduire durablement vos coûts.
La différence ne se mesure pas uniquement en honoraires d’audit. Elle se mesure en économies d’énergie non réalisées pendant deux ou trois ans. Elle se mesure en opportunités manquées.
Ce coût n’apparaît pas dans un bilan comptable. Mais il pèse lourd.
Conformité minimale ou avantage concurrentiel ?
Le seuil de 2,7 GWh pose une question stratégique simple.
Voulez-vous :
Subir une obligation et produire un rapport conforme ?
ou
Utiliser cette contrainte potentielle comme déclencheur d’un gain de compétitivité ?
Je ne dramatise pas le sujet, je le replace à sa juste hauteur.
Dans un contexte où les marges industrielles sont sous tension et où les donneurs d’ordre intègrent de plus en plus des critères énergétiques et carbone, la maîtrise de la consommation n’est plus un sujet périphérique.
L’anticipation est une stratégie. L’urgence est une taxe.

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4. Pourquoi attendre est une erreur stratégique
Je comprends la tentation. Tant que rien n’est officiellement exigé, pourquoi mobiliser du temps, de l’énergie et du budget ? Pourquoi ne pas attendre d’être formellement concerné par le seuil des 2,7 GWh ?
Parce que l’histoire réglementaire européenne est remarquablement prévisible.
Les seuils baissent.
Les exigences se renforcent.
Et les entreprises qui anticipent prennent une longueur d’avance.
Une dynamique européenne claire : les seuils ne montent jamais
Si l’on observe les révisions successives des directives européennes en matière d’efficacité énergétique, le mouvement est constant : élargissement du périmètre, renforcement des obligations, montée en puissance des exigences de reporting.
Le seuil actuel de 2,7 GWh n’est pas gravé dans le marbre pour les vingt prochaines années. Il s’inscrit dans une trajectoire globale d’accélération. Penser que le cadre restera stable est une hypothèse optimiste. Parier sur sa stabilité est une stratégie fragile.
La question n’est donc pas seulement : “Sommes-nous au-dessus du seuil aujourd’hui ?”
La question est : “Serons-nous au-dessus demain si notre activité croît ?”
Une TPE industrielle en développement peut franchir le seuil par croissance naturelle, sans modification technologique majeure.
L’effet embouteillage à l’approche des échéances
Autre phénomène que j’ai déjà observé sur d’autres dispositifs réglementaires : l’embouteillage.
À l’approche des dates limites :
Les demandes d’audits explosent.
Les prestataires qualifiés sont saturés.
Les délais s’allongent.
Les prix augmentent.
Ce n’est pas une théorie. C’est une mécanique de marché classique.
Attendre pour se préoccuper du sujet revient à entrer dans une file d’attente déjà encombrée.
À l’inverse, anticiper permet de choisir son calendrier, son rythme, ses priorités. Cela permet également d’intégrer la démarche dans une stratégie plus large de performance écologique et industrielle.
La pression des donneurs d’ordre arrive avant l’obligation légale
Il existe enfin un angle souvent sous-estimé : la pression contractuelle.
De plus en plus de grands groupes intègrent dans leurs questionnaires fournisseurs :
Des indicateurs énergétiques.
Des données carbone (Scope 1 et 2, parfois Scope 3).
Des engagements d’amélioration.
Autrement dit, même si vous n’êtes pas encore formellement soumis à l’audit énergétique obligatoire, vos clients peuvent exiger une traçabilité et une structuration de vos données.
Dans ce contexte, ne pas maîtriser sa consommation devient un handicap commercial.
Attendre, c’est choisir la contrainte
Je ne plaide pas pour la panique. Je plaide pour la lucidité.
Attendre pour s’intéresser sérieusement à sa consommation énergétique moyenne, c’est reporter des économies potentielles ou se priver d’aides mobilisables aujourd’hui.
Le seuil de 2,7 GWh n’est pas une bombe à retardement. C’est un signal.
Les entreprises qui le lisent comme un avertissement stratégique prennent de l’avance. Celles qui l’ignorent découvrent, souvent tardivement, qu’elles ont confondu tranquillité et inertie.

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5. Ce que je recommande aux dirigeants de TPE industrielles aujourd’hui
À ce stade, la question n’est plus théorique.
Vous savez que le seuil de 2,7 GWh existe.
Vous savez qu’il s’applique indépendamment de votre taille.
Vous savez qu’il peut vous concerner plus vite que prévu.
Reste une question simple : que faire, concrètement ?
Je vais être direct. Inutile de complexifier. Il y a trois étapes rationnelles, accessibles et proportionnées à la réalité d’une TPE industrielle.
1. Consolider objectivement votre consommation sur trois ans
Avant toute décision, il faut une base factuelle.
Cela signifie :
Récupérer l’ensemble des factures d’énergie des trois derniers exercices.
Intégrer tous les vecteurs pertinents (électricité, gaz, autres combustibles).
Consolider au niveau de l’entité juridique concernée.
Calculer une moyenne annuelle réelle.
Pas une estimation. Pas un “à peu près”. Une moyenne consolidée.
Ce travail paraît simple. Il ne l’est pas toujours. Mais sans lui, toute discussion sur le seuil des 2,7 GWh repose sur une intuition, pas sur une donnée, et une intuition n’a aucune valeur en cas de contrôle.
2. Identifier vos gisements d’économies avant toute contrainte
Même si vous êtes en dessous du seuil aujourd’hui, la question énergétique reste stratégique.
Je vois trop d’entreprises attendre l’obligation pour agir, alors que des économies immédiates sont disponibles :
Optimisation des réglages et des consignes.
Réduction des fuites d’air comprimé.
Ajustement des plages de fonctionnement.
Priorisation d’investissements à retour court.
Dans un contexte où les prix de l’énergie restent structurellement élevés, chaque MWh économisé améliore directement la marge.
Ce n’est pas une posture environnementale. C’est une décision de gestion. Et si vous franchissez le seuil demain, ces actions auront déjà réduit votre exposition.
3. Structurer une trajectoire énergétique avant d’y être obligé
C’est ici que la différence entre conformité et stratégie devient évidente.
Structurer une trajectoire énergétique, ce n’est pas rédiger un document pour faire plaisir à l’administration. C’est :
Définir une ligne directrice cohérente.
Prioriser les investissements selon leur rentabilité.
Mettre en place un suivi simple mais régulier.
Anticiper les évolutions réglementaires.
Dans mes autres analyses, j’ai montré que les démarches de transition improvisées échouent souvent faute de méthode et de cohérence.
L’énergie ne fait pas exception.
Une TPE n’a ni le temps ni les ressources pour multiplier les chantiers parallèles. Elle doit choisir ses priorités. L’énergie en fait désormais partie.
En réalité, le seuil n’est qu’un révélateur
Je ne vois pas le seuil de 2,7 GWh comme une menace administrative. Je le vois comme un test.
Un test de maturité énergétique.
Un test de capacité à piloter ses données.
Un test de lucidité stratégique.
Les entreprises qui consolident, mesurent et anticipent transforment une contrainte potentielle en avantage compétitif.
Celles qui attendent d’être formellement rattrapées entrent dans une logique défensive.
Dans un environnement industriel sous tension, la différence entre les deux n’est pas idéologique.
Elle est économique.
Et au final, c’est toujours l’économie qui tranche.

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1. Une TPE de moins de 50 salariés peut-elle réellement être concernée par l’audit énergétique obligatoire ?
Oui. Et c’est précisément ce que beaucoup sous-estiment.
Le critère déterminant n’est plus la taille de l’entreprise, mais sa consommation énergétique annuelle moyenne sur trois ans. Si cette moyenne dépasse 2,7 GWh, l’obligation d’audit s’applique, indépendamment du nombre de salariés.
Certaines TPE industrielles cumulent :
Des process thermiques continus
Des équipements électriques puissants
Des systèmes d’air comprimé ou de froid en fonctionnement permanent
Dans ces configurations, franchir le seuil est techniquement possible, même avec un effectif réduit.
Le raisonnement “nous sommes trop petits pour être concernés” n’est donc plus juridiquement valable. Seule la donnée énergétique consolidée permet de trancher objectivement.
2. Comment calcule-t-on concrètement la moyenne de 2,7 GWh sur trois ans ?
Le principe est simple sur le papier : on additionne la consommation énergétique annuelle de l’entreprise pour trois exercices consécutifs, puis on calcule la moyenne.
En pratique, plusieurs points doivent être respectés :
Intégrer l’ensemble des énergies consommées (électricité, gaz, combustibles).
Consolider toutes les installations relevant de la même entité juridique.
Raisonner en énergie finale consommée (kWh, MWh, GWh), pas en euros.
Il est essentiel de vérifier les unités. Une confusion entre kWh et MWh suffit à fausser complètement l’analyse.
La difficulté réside souvent dans la dispersion des données : plusieurs compteurs, contrats distincts, périodes de facturation décalées. Sans consolidation rigoureuse, la moyenne obtenue peut être erronée.
3. Que risque une entreprise qui dépasse le seuil sans réaliser d’audit énergétique ?
Le dépassement du seuil déclenche une obligation réglementaire. Ne pas s’y conformer expose l’entreprise à des risques administratifs, pouvant inclure des sanctions financières.
Au-delà de l’aspect strictement juridique, il existe un risque réputationnel et contractuel. De plus en plus de donneurs d’ordre intègrent des exigences liées à la performance énergétique et au pilotage des données environnementales.
Une entreprise incapable de démontrer qu’elle respecte ses obligations peut fragiliser sa position dans la chaîne de valeur.
La conformité n’est donc pas uniquement une question d’amende éventuelle. Elle touche à la crédibilité globale de l’entreprise.
4. Si nous sommes en dessous du seuil aujourd’hui, devons-nous quand même agir ?
Rester en dessous du seuil ne signifie pas que l’énergie est un sujet secondaire.
Trois éléments justifient d’agir même sans obligation immédiate :
Les prix de l’énergie restent structurellement élevés.
Les seuils réglementaires ont historiquement tendance à évoluer.
Les donneurs d’ordre demandent de plus en plus de données énergétiques et carbone.
Un diagnostic volontaire permet :
D’identifier des économies rapides.
De réduire la facture énergétique.
De structurer des données utiles pour les clients et partenaires.
Attendre l’obligation revient à différer des gains potentiels. L’anticipation offre une marge de manœuvre plus large et plus sereine.
5. Quelle est la différence entre un audit énergétique réglementaire et un diagnostic volontaire ?
L’audit énergétique réglementaire répond à une obligation précise. Il doit respecter un référentiel normatif, notamment la NF EN 16247. Son objectif premier est la conformité.
Le diagnostic volontaire, lui, peut s’appuyer sur les mêmes principes méthodologiques, mais il est orienté vers la performance économique et stratégique.
La différence tient à l’intention :
L’audit obligatoire vise à démontrer que l’entreprise respecte la loi.
Le diagnostic volontaire vise à optimiser les consommations et améliorer la compétitivité.
Dans une approche anticipée, le travail réalisé dans le cadre d’un diagnostic volontaire peut également préparer l’entreprise à une éventuelle obligation future, sans précipitation ni surcoût.
En résumé, la conformité est un minimum.
La performance est un choix stratégique.








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